Découvrir l’opéra à la Philharmonie de Paris

Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.” Émile Bernard

Cette citation d’un peintre pour parler d’une expérience musicale ? Oui parce qu’elle correspond à ce que j’ai vécu hier soir.

Voir :
J’ai eu la chance d’être invité par le Mécénat Musical de la Société Générale – qui est la banque de mon entreprise et qui fait partie de mes clients – à découvrir un lieu et un art. La Société Générale est un des mécènes de référence de la musique classique en France, et selon eux, selon leurs mots : faire vivre le patrimoine musical implique de le rendre accessible à des publics qui en sont habituellement éloignés. Cette volonté d’ouverture est au centre de leur politique de mécénat et ils ont fait mouche : l’opéra n’est pas ma tasse de thé. Mais je voulais voir, le lieu et l’opéra. J’ai donc accepté.

Philharmonie

Observer :
Je suis fan d’architecture et je n’étais jamais entré dans La Philharmonie de Paris, j’avais suivi avec attention le projet et la sélection des quelques illustres cabinets d’architectes qui étaient en compétition : Zaha Hadid ; Coop Himmelb(l)au ; MVRDV et trois cabinets français – et non des moindres – Francis Soler ainsi que nos deux lauréats du Pritzker architecture Price Christian de Portzamparc et Jean Nouvel. C’est ce dernier qui a été choisi pour la réalisation du projet.

Jean Nouvel a travaillé avec le designer acoustique Harold Marshall, lui aussi à la tête d’un des cabinets les plus réputés au monde, Marshall Day Acoustics. Il a été en charge du design acoustique du lieu, une branche complexe de l’architecture qui travaille sur les paramètres sonores : clarté, réverbération, réflexion. Un travail de chiffres et de matériaux, mais aussi un travail dans la relation entre les musiciens et le public et c’est une vraie réussite : l’ensemble de balcons flottants et la canopée suspendue au plafond forment la première « chambre » (selon les propos de l’architecte) et la salle et son agencement nous permettent d’entourer complètement la scène. Nous sommes dans un salon de 2400 places. C’est une prouesse et j’étais aussi spectateur du lieu et du spectacle acoustique, je voulais entendre.

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Contempler :
J’ai découvert la grande soprano italienne Patrizia Ciofi accompagné par Il Pomo d’Oro dirigé par le claveciniste Maxim Emelyanychev. C’est une découverte totale, je ne connaissais pas cette interprète qui se produit sur les plus grandes scènes lyriques, j’ai découvert aujourd’hui sa discographie qui témoigne de la grande diversité de son répertoire. Dans le baroque chez Mozart, Donizetti ou Verdi mais, c’est dans l’Opéra Siera (genre dominant en Europe dans la première moitié du XVIIIe siècle) et dans le répertoire de Haendel (Rodelinda, Alcina, Rodrigo, siroe, Giulio Cesare, Amadigi, Rinaldo) que j’ai eu la chance de l’entendre.

phila_opera

Le lieu est un spectacle, le spectacle est partout, la puissance de la voix se fait ressentir et la musique inonde le lieu. C’est une découverte complète, une expérience à part entière. Je ne suis pas amateur d’opéra et pourtant j’ai passé un magnifique moment, prenant et marquant. J’ai contemplé deux univers.

Allez-y : http://philharmoniedeparis.fr/fr/agenda

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